LE POPULAIRE DU CENTRE article par Jean-François Julien le 22 février 2026
DES EPIS SUR LES TOITS DE MAGNAC-BOURG, LE PAYS DE ROHAN
Jean-François Julien 22/02/2026
Ingénieur en géologie, Claude Mouret a fait le tour du monde. Mais il est toujours revenu à Magnac-Bourg. Il connaît par cœur le bourg où il a grandi et où est né le concept du village étape. Auteur de plusieurs ouvrages, il sait tout sur son histoire.
« Vous voulez tout savoir sur Magnac-Bourg. Je pense que vous avez frappé à la bonne porte » affirme Claude Mouret. Président de l’association histoire du patrimoine du pays des Briance, cet érudit, passionné, est « La » référence historique de ce bourg. Il avoue ne pas avoir percé tous ses secrets. Mais il cherche et publie chaque année un bulletin dans lequel il met en lumière les particularités de Magnac-Bourg. La petite cité compte de nombreuses maisons remarquables. Sur la place centrale se dressait au XIIIe siècle un château dont la tour de plus de 30 m dépassait, par sa hauteur celle de Châteaux-Chervix. Celle des pompiers, dans laquelle les soldats du feu faisaient sécher leurs lances, évoque cet édifice aujourd’hui disparu.
Le château appartenait, aux Rohan. Il ne reste de ce monument que l’ogive sur
la place à côté de la pharmacie. Il s’agit de la porte d’un ancien grenier
d’abondance. Les Rohan ont marqué l’histoire de France. À cette famille
appartenait le duc Henri, gendre de Sully, chef des calvinistes, défenseur de
Montauban. Un autre membre éminent des Rohan, le prince Louis René Édouard, fut
évêque de Strasbourg en 1779 et compromis dans l’affaire du collier de la reine
en 1785 et 1786. Dans le cadre de sa vie professionnelle, Claude Mouret,
ingénieur géologue a longtemps exploré, les sols dans le sud-est asiatique.
Mais celui de la lande serpentine du Cluzeau reste le plus atypique à ses yeux.
Les plus beaux vitraux du Limousin
Il y a dans l’église
Saint-Jacques-le-Majeur, « qui était fortifiée » souligne Claude Mouret, deux
statues, une vierge et une sainte Madeleine en roche de serpentine. Elles
datent du XVe siècle. Les autres suscitent aussi l’admiration. Pour Claude
Mouret, qui a visité la totalité ou presque des églises de Haute-Vienne, Creuse
et Corrèze, les vitraux sont les plus beaux du Limousin. Ils datent du
XVIe siècle et mettent en scène des dizaines de saints.
Le maître verrier, auteur de ces
chefs-d’œuvre serait celui qui a réalisé les vitraux de l’église d’ Eymoutiers.
S’il reste admiratif devant ces chefs-d’œuvre, Claude Mouret est attaché à une
tradition qui était la spécificité de Magnac-Bourg. Celle des épis de faîtage.
Pour signer leur ouvrage, les couvreurs plaçaient autrefois une gerbe de blé au
plus haut du faîtage. Un ouvrier polonais, Monsieur Smigieski, employé à la
tuilerie Lapeyre aurait fait renaître cette tradition. Au départ modeste, l’épi
de faîtage, en terre cuite cette fois, est chargé de symbolisme. Autour
de Magnac-Bourg, on en trouve de différentes formes. Il y a ceux à panse et à
anse, l’oiseau qui est le plus stylisé, les siffleurs qui chantent lorsqu’ils
sont traversés par le vent, et ceux que Claude Mouret qualifie de pain de
sucre, avec un socle plus large.
Originaire du Sénégal, Cheik
N’Dioro avait relancé cette tradition dans les années 1990. Aujourd’hui, il
faut se rendre à Uzerche en trouver. Lorsqu’il explore les différents
hameaux, Claude Mouret, occitanophone averti, se plaît à chercher les perles
rares. À la Tamanie il a trouvé par exemple deux croix murales. Elles sont
incrustées dans la façade des maisons et se distinguent car faites avec des
pierres blanches.
« Je n’en ai jamais vu ailleurs. Elles doivent dater de la fin du XIXe siècle
». Dit-il. Brassens ne voulait pas s’éloigner de son arbre. Claude Mouret non
plus. Le globe-trotter a vu des monts et des merveilles, mais il est toujours
revenu s’abriter sous le chêne qui est à Magnac-Bourg, ce que la tour Eiffel
est à Paris. De trente mètres d’envergure, majestueux, l’arbre date de l'époque
de Louis XIV
A savoir 1601: C’est l’année où a été construite le plus ancienne
maison du bourg dite à deux tourelles. Il y a à l’intérieur une magnifique
cheminée sur laquelle est gravée une coquille Saint-Jacques, en référence à
Compostelle.
1876: Le curé Dupland décide de remplacer le clocher mur
par un autre plus moderne. Mais au moment de régler la facture, il se tourne
vers la municipalité. Indélicat et intolérant, il a, par son comportement, fait
naître un vif sentiment anticlérical qui s’est estompé.
Les croix incrustées
Le phénomène est assez rare pour ne
pas dire inédit en Limousin. Sur certaines bâtisses autour de Magnac-Bourg on
trouve des croix incrustées dans le mur.
Elles ne sont pas peintes, mais réalisées avec des pierres blanches.
Ces croix incrustées montrent combien était forte l’influence de la religion
catholique.
La croix du cimetière dédiées aux
poilus morts pendant la guerre de 1914-1918.
La croix en bois située au cœur du
cimetière est elle aussi étonnante.
À ses pieds on trouve un casque de poilu car ce monument est dédié aux soldats
tués lors de la première guerre mondiale.
Pour plus de précisions sur cet article, vous pouvez contacter, Claude Mouret notre président, par mail : claude.mouretgeospel@orange.fr

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